Marmite de poisson et coquillages, à la crème

Par Guillaume · publié le · Soupes & veloutés

Mains décortiquant des crevettes au-dessus d'un bol, casserole de têtes et carapaces, coques qui dégorgent dans l'eau, moules en passoire, lotte et filets de limande sur une planche, poireau, céleri, oignons et tomates pelées
Marmite de poisson

Le pas à pas

Les étapes

  1. Commencez par là : les coques dégorgent pendant que le bouillon se prépare. Mettez-les à dégorger dans un grand saladier d'eau froide salée, au réfrigérateur, en changeant l'eau une fois : elles rejettent leur sable. Grattez les moules, retirez leur filament et rincez-les. Jetez toute moule ou coque cassée, ou ouverte qui ne se referme pas quand on la tapote.

    Minuteur — 60 min
  2. Décortiquez les crevettes et gardez leur chair au réfrigérateur. Mettez les têtes et les carapaces dans une casserole avec 50 cl d'eau, faites bouillir, puis filtrez et gardez ce jus.

    Minuteur — 15 min
  3. Dans une marmite, faites fondre doucement les oignons et le poireau dans les 50 g de beurre, sans les laisser colorer.

    Minuteur — 10 min
  4. Ajoutez les tomates pelées, écrasez-les à la cuillère et laissez mijoter.

    Minuteur — 15 min
  5. Mouillez avec le jus des carapaces et 1,5 L d'eau, ajoutez le vert de céleri, salez légèrement et laissez mijoter à découvert.

    Minuteur — 15 min
  6. Plongez la lotte dans le bouillon frémissant, puis, cinq minutes plus tard, les morceaux de limande, plus fragiles. Laissez frémir sans bouillir. Retirez ensuite tout le poisson à l'écumoire et gardez-le au chaud, à couvert.

    Minuteur — 10 min
  7. Pendant ce temps, mettez les moules et les coques égouttées dans une grande casserole, couvrez et faites-les ouvrir à feu vif en secouant la casserole. Jetez celles qui restent fermées. Filtrez leur jus à travers une étamine ou un papier absorbant, qui retiendra le sable, puis retirez les coquillages de leurs coquilles.

    Minuteur — 5 min
  8. Dans une autre casserole, faites fondre les 20 g de beurre, versez la farine en pluie et remuez à la cuillère en bois une à deux minutes, sans laisser la farine prendre couleur. Mouillez avec le jus des coquillages en remuant, puis versez ce mélange dans la marmite en fouettant. Retirez le vert de céleri et laissez cuire doucement.

    Minuteur — 5 min
  9. Remettez le poisson dans le bouillon avec les crevettes crues, les moules, les coques, le curry et la pointe de Cayenne. Laissez à peine frémir, juste le temps que les crevettes deviennent roses et opaques.

    Minuteur — 3 min
  10. Hors du feu, ajoutez la crème et le beurre en parcelles, remuez doucement et goûtez pour le sel. Versez dans un plat creux ou une soupière, parsemez de persil haché et servez aussitôt.

Marmite bleue de lotte, crevettes décortiquées, moules et coques ouvertes dans un bouillon crémeux doré au curry, persil haché, assiette servie, pain grillé et verre de vin blanc
La lotte, les crevettes et les coquillages dans un bouillon crémeux

Une marmite de poisson sans nom

La fiche n’a pas de titre : elle commence par « 250 g de crevettes ». Une marmite de poisson tient de la soupe et du poisson en sauce. Celle-ci réunit lotte et limande, crevettes, moules et coques, dans un bouillon parfumé aux carapaces, à peine épaissi d’un petit roux, relevé de curry ou de safran et fini à la crème. C’est une soupe qui fait un repas, à la cuillère, dans une assiette creuse.

La fiche vient des papiers de Jane. Après les crevettes, sa liste continue : « 4 tranches de lotte et 1 limande (ou tout limande) », « 1 litre de moules et coques ». Faute de titre, c’est moi qui l’ai nommée. Sa méthode est détaillée, étape par étape. Ce que j’ai complété tient en peu de choses : le poids de la lotte, le nettoyage des coquillages, les temps que la fiche ne donne pas et la dose de safran.

Quels poissons pour une marmite ?

Le principe est d’associer un poisson ferme et un poisson plus tendre. La lotte, dense et sans arêtes, garde sa forme ; la limande, poisson plat à chair fine, fond davantage. La fiche prévoit même de tout faire en limande, ce qui donne une marmite plus délicate. À défaut, le grondin ou la julienne remplacent la lotte, la plie ou le merlan la limande. On met la lotte d’abord, la limande ensuite, puisque ses filets cuisent en quelques minutes.

Moules et coques : les préparer sans sable

Les coques vivent dans le sable et en gardent toujours un peu. Une heure dans de l’eau froide salée, au réfrigérateur, leur fait rejeter l’essentiel. Les moules se grattent et s’ébarbent. On jette avant cuisson toutes celles qui sont cassées, ou ouvertes et qui ne se referment pas quand on les tapote, et après cuisson celles qui sont restées fermées.

Leur jus de cuisson est précieux, mais il contient ce qui restait de sable : la fiche le fait passer « à travers un linge fin ». Un papier absorbant posé dans une passoire fait le même travail.

Curry ou safran ?

La fiche laisse le choix : « poivre de Cayenne, curry ou safran » dans la liste, puis « 1 c. à café bombée de cari ou safran » dans la méthode. Pour le curry, la cuillère bombée convient. Pour le safran en filaments, il faut beaucoup moins : 0,1 à 0,2 g parfument largement une marmite pour quatre. Le curry donne une couleur plus soutenue et un goût épicé ; le safran, une note plus douce, plus proche de la bouillabaisse.

Le bouillon, puis la liaison

Tout commence par les carapaces des crevettes, qui bouillent seules un quart d’heure : c’est la base du goût. Les oignons et le poireau fondent dans le beurre, les tomates mijotent, puis le jus des carapaces et l’eau les rejoignent. Le poisson y frémit, puis en sort.

La liaison est un petit roux blanc, beurre et farine, qu’il faut remuer sans cesse. La fiche demande de « veiller à ce que la farine ne prenne pas couleur ». On le détend avec le jus des coquillages, puis on le verse dans le bouillon. Il suffit à lui donner un peu de corps, sans en faire un velouté.

Réunir au dernier moment

Poisson, crevettes, moules et coques ne reviennent dans le bouillon qu’à la fin, avec les épices. La fiche dit « Laisser à peine cuire » : trois minutes, le temps que les crevettes crues rosissent. La crème et les dernières parcelles de beurre s’ajoutent hors du feu, le persil au moment de servir. Dans les mêmes papiers, le court-bouillon antillais cuit lui aussi le poisson dans sa sauce, mais en un quart d’heure et sans crème. La marmite prend place parmi les soupes et veloutés, même si elle suffit à un repas.

Les questions qu'on me pose

Quels poissons mettre dans une marmite de poisson ?

Un poisson ferme et un poisson plus tendre : ici la lotte, qui tient bien, et la limande, plus fine. La lotte peut être remplacée par du grondin ou de la julienne, la limande par de la plie ou du merlan. On peut aussi, faute de lotte, tout faire en limande.

Comment enlever le sable des coques ?

Une heure dans l'eau froide salée, au frais, puis un jus de cuisson filtré.

Que faire des moules qui ne s'ouvrent pas ?

Les jeter, sans chercher à les forcer.

Curry ou safran : lequel choisir ?

Le curry pour une marmite plus relevée, le safran pour une marmite plus douce. Du safran, 0,1 à 0,2 g suffit pour quatre.

Peut-on utiliser des crevettes déjà cuites ?

Oui, mais leurs carapaces donnent moins de goût au bouillon. Ajoutez-les tout à la fin, avec la crème, juste pour les réchauffer : recuites, elles durcissent.

La marmite de poisson se réchauffe-t-elle ?

Mal. Poisson et coquillages recuisent et durcissent. S'il en reste, gardez-la un jour au réfrigérateur, mise au frais dans l'heure, et réchauffez-la doucement, sans bouillir, jusqu'à ce qu'elle soit bien chaude.