Gougères au fromage, la recette traditionnelle de Bourgogne

Par Guillaume · publié le · Gougères, feuilletés & tartes fines

Mains déposant à deux cuillères des noix de pâte à choux sur une plaque couverte de papier cuisson, parsemées de fromage râpé, saladier de pâte, morceau de comté et coquilles d'œufs
Gougères au fromage

Le pas à pas

Les étapes

  1. Préchauffez le four à 180 °C en chaleur tournante, ou à 200 °C en chaleur statique. Couvrez deux plaques de papier cuisson. Râpez le fromage, tamisez la farine, cassez trois œufs dans un bol et battez le quatrième à part, à la fourchette.

  2. Dans une casserole à fond épais, mettez l'eau, le beurre en dés, le sel, quelques tours de poivre et la muscade. Chauffez à feu moyen : le beurre doit être entièrement fondu au moment où le liquide se met à bouillir. Dès l'ébullition, retirez du feu, versez la farine d'un seul coup et mélangez vivement à la spatule jusqu'à obtenir une boule de pâte lisse, la panade.

  3. Remettez la casserole sur feu moyen et desséchez la panade en la remuant et en l'écrasant contre le fond, 1 à 2 minutes. Elle est prête quand elle se détache des parois en une seule masse et laisse une fine pellicule au fond de la casserole.

    Minuteur — 2 min
  4. Versez la panade dans un saladier et remuez-la de temps en temps pendant 5 minutes, pour laisser s'échapper la vapeur. Elle doit être encore chaude mais ne plus brûler le doigt, sinon les œufs cuiraient à son contact.

    Minuteur — 5 min
  5. Incorporez les trois premiers œufs un à un, à la spatule. À chaque œuf la pâte se défait en morceaux glissants, puis redevient lisse : attendez ce moment avant d'ajouter le suivant. Versez ensuite l'œuf battu par petites quantités, en vérifiant la texture entre chaque ajout. Arrêtez-vous quand la pâte, brillante, retombe de la spatule en ruban épais et laisse une pointe qui se courbe. Il peut rester un peu d'œuf. Si la pâte tombe encore en bloc après le quatrième, battez un cinquième œuf et ajoutez-le de la même façon, par petites quantités.

  6. Ajoutez 120 g de fromage râpé et mélangez juste assez pour le répartir.

  7. Dressez une trentaine de noix de pâte de 4 cm de diamètre, bien bombées, en quinconce, espacées de 4 cm : à la poche munie d'une douille lisse de 12 mm, ou avec deux cuillères à soupe, à raison d'une cuillère rase de pâte par gougère. Aplatissez les pointes du bout d'un doigt mouillé et parsemez le reste du fromage.

  8. Enfournez les deux plaques ensemble en chaleur tournante, ou l'une après l'autre à mi-hauteur en chaleur statique : dans ce cas, laissez le four remonter à 200 °C avant la seconde plaque et comptez le double de temps. Laissez cuire 25 minutes, sans ouvrir la porte du four pendant les 20 premières. Les gougères sont cuites quand elles sont bien gonflées, dorées jusque dans le creux des fissures, et légères quand on en soulève une.

    Minuteur — 25 min
  9. Éteignez le four, entrouvrez la porte et laissez les gougères sécher 5 minutes à l'intérieur. Servez-les tièdes.

    Minuteur — 5 min
Gougères au fromage dorées et gonflées dans un plat en faïence bleue et blanche, une gougère ouverte en deux montrant sa mie alvéolée, morceau de comté, feu dans la cheminée au fond
Gonflées, dorées, l'intérieur alvéolé

Une pâte à choux salée, venue de Bourgogne

Les gougères au fromage sont des choux salés : une pâte à choux dans laquelle on mêle du gruyère ou du comté râpé, dressée en petites boules et cuite jusqu’à ce qu’elle soit creuse et dorée. C’est une spécialité de Bourgogne, que l’on sert là-bas à l’apéritif et dans les caves, avec le vin que l’on fait goûter. Son origine exacte est discutée, et je m’en tiens à ce qui est sûr : la région, le fromage et la pâte.

Les gougères ne figurent pas dans les papiers de Jane ; elles font partie des classiques que je publie à côté de ses recettes. La pâte à choux est d’abord une base de pâtissier, celle des éclairs et des choux garnis de crème pâtissière ; la gougère en est la version salée.

La recette traditionnelle des gougères au fromage : les ingrédients

La liste traditionnelle est courte : de l’eau, du beurre, de la farine, des œufs, du fromage, du sel, du poivre et une pointe de muscade. Pas de levure, puisque la vapeur fait le travail. Pas de crème non plus. Le lait, qui remplace parfois la moitié de l’eau, est une variante ancienne : il colore la croûte et attendrit la mie.

Ce qu’on a ajouté depuis relève du goût de chacun : lardons, herbes, piment, moutarde, ou une crème au fromage glissée à l’intérieur après cuisson. Rien de cela n’est faux, mais la gougère bourguignonne s’en passe. Sa forme ancienne est la couronne : de grosses cuillerées de pâte posées en cercle et qui se soudent en cuisant ; les petites pièces individuelles sont devenues la règle parce qu’elles se mangent debout, d’une main.

Dessécher la panade, puis ajouter les œufs un à un

La panade est la boule de pâte obtenue en jetant la farine dans l’eau bouillante et le beurre fondu. On la remet une à deux minutes sur le feu pour en chasser une partie de l’eau. Ce dessèchement a une raison précise : plus la panade est sèche, plus elle absorbe d’œuf, et ce sont les œufs qui donnent à la pâte la souplesse de gonfler puis la tenue de rester gonflée. Le repère se voit au fond de la casserole, qui se couvre d’une fine pellicule.

Les œufs s’ajoutent ensuite un par un, dans une panade tiédie. La pâte se défait à chaque fois, puis se reforme en la travaillant. Le dernier œuf se verse battu, en plusieurs fois, jusqu’au ruban : une pâte brillante, qui tombe lentement de la spatule. On la travaille à la spatule plutôt qu’au fouet, qui y mettrait de l’air et la ferait cloquer.

À la cuillère ou à la poche ?

Les deux donnent de bonnes gougères. La poche, avec une douille lisse, fait des pièces régulières qui cuisent toutes au même rythme. Les deux cuillères à soupe, l’une pour prendre la pâte et l’autre pour la pousser, sont le geste ancien : les gougères en sortent plus irrégulières, avec des bosses qui croustillent. Dans les deux cas, il faut les espacer de quatre centimètres, parce qu’elles doublent de volume, et aplatir les pointes, qui brûleraient.

Pourquoi les gougères retombent-elles ?

Une gougère gonfle parce que l’eau de la pâte se change en vapeur et pousse les parois. Elle ne garde sa forme que si ces parois ont eu le temps de sécher. Trois causes expliquent presque tous les échecs.

La première est la porte du four ouverte en cours de cuisson : la vapeur s’échappe, la température chute, et la croûte encore molle s’affaisse. La deuxième est une cuisson trop courte. Le dessus dore avant que l’intérieur soit sec ; il faut attendre que le creux des fissures soit doré lui aussi. La troisième vient de la pâte : trop d’œuf, ou une panade mal desséchée, et les gougères s’étalent au lieu de monter.

Les cinq minutes de séchage, four éteint et porte entrouverte, servent à évacuer la dernière vapeur.

Congeler les gougères, crues ou cuites

Crues, elles se congèlent très bien : dressées sur une plaque, durcies deux heures au congélateur, puis rangées en sac. Elles passent directement au four chaud, sans décongélation, pour 30 à 35 minutes. Cuites, elles se congèlent une fois refroidies et se réchauffent 8 à 10 minutes à 160 °C. Dans les deux cas, deux mois de garde.

La pâte crue contient des œufs : elle ne reste pas à température ambiante et ne se garde pas plus de 24 heures au réfrigérateur. Les gougères cuites, elles, tiennent jusqu’au lendemain dans une boîte fermée.

On les sert tièdes, avec un verre de vin blanc ou l’une des boissons apéritives du site ; en Bourgogne, elles précèdent volontiers un bœuf bourguignon. Les autres bouchées chaudes de l’apéritif sont avec les gougères, feuilletés et tartes fines.

Les questions qu'on me pose

Pourquoi mes gougères retombent-elles à la sortie du four ?

Parce que leur croûte n'était pas encore sèche. Une gougère dorée en surface peut être humide à l'intérieur : elle s'affaisse en refroidissant. Laissez-les cuire jusqu'à ce que les fissures soient dorées elles aussi, n'ouvrez pas la porte pendant la cuisson, puis faites-les sécher 5 minutes four éteint et porte entrouverte.

Comment faire gonfler des gougères ?

Avec une panade bien desséchée, des œufs ajoutés jusqu'au ruban et pas au-delà, et un four vraiment chaud dès l'enfournement. C'est l'eau de la pâte, changée en vapeur, qui les soulève : il n'y a pas de levure dans la recette.

Peut-on congeler des gougères ?

Oui, crues ou cuites. Crues, on les dresse sur une plaque, on les fait durcir 2 heures au congélateur, puis on les met en sac : elles se cuisent sans décongélation, 30 à 35 minutes. Cuites et refroidies, elles se gardent deux mois et se réchauffent 8 à 10 minutes à 160 °C, sorties du congélateur.

Peut-on faire des gougères la veille pour le lendemain ?

Oui. Cuites et refroidies, elles se gardent jusqu'au lendemain dans une boîte fermée, à température ambiante, puis retrouvent leur croûte en 5 minutes à 160 °C. La pâte crue peut aussi attendre 24 heures au réfrigérateur, dans une poche fermée, mais elle gonfle un peu moins.

Combien de gougères faut-il compter par personne ?

Quatre par personne pour un apéritif suivi d'un repas, six à huit si elles tiennent lieu d'entrée ou si l'apéritif est dînatoire. Les proportions données ici font une trentaine de gougères de 4 cm. Plus petites, elles sont plus nombreuses et cuisent en 18 à 20 minutes.

Quel fromage choisir pour les gougères ?

Un fromage à pâte pressée cuite, qui fond sans rendre d'eau : gruyère ou comté. Un comté de 12 à 18 mois a plus de goût qu'un fromage jeune. L'emmental donne des gougères plus douces, et le fromage râpé en sachet, plus sec, se mêle moins bien à la pâte.

Faut-il mettre de l'eau ou du lait dans la pâte à gougères ?

L'eau seule donne des gougères légères et croustillantes. Moitié eau, moitié lait donne une croûte plus colorée et une mie plus tendre, qui ramollit un peu plus vite. Les deux se font ; pour l'apéritif, l'eau suffit.