Crème pâtissière, la recette de base et sa version aux blancs en neige

Par Guillaume · publié le · Grands classiques de la pâtisserie

Mains versant une crème pâtissière jaune pâle et fumante d'une casserole en cuivre sur des blancs montés en neige ferme dans un saladier en faïence bleue, lait, œufs cassés, sucre et plat vide sur une table en bois
Crème pâtissière

Le pas à pas

Les étapes

  1. Séparez les œufs. Mettez les jaunes dans une casserole à fond épais, et les blancs dans un grand saladier propre et bien sec, que vous gardez au frais. Versez le sucre vanillé dans le lait froid.

  2. Ajoutez le sucre aux jaunes et battez au fouet jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajoutez la farine et mêlez-la sans insister. Délayez ensuite avec le lait froid vanillé, versé peu à peu, pour obtenir un mélange lisse et sans grumeaux.

    Minuteur — 3 min
  3. Mettez la casserole sur feu moyen et remuez continuellement au fouet, en raclant bien le fond et les angles. La crème épaissit d'un coup peu avant l'ébullition. Quand elle bouillonne, laissez-la cuire encore 1 à 2 minutes sans cesser de remuer : c'est ce qui cuit la farine et empêche la crème de se liquéfier ensuite.

    Minuteur — 8 min
  4. Pour une crème pâtissière de base, arrêtez-vous ici : versez-la dans un plat, filmez au contact et réfrigérez ; elle se garde alors deux jours. Pour la version de la fiche, retirez la casserole du feu et couvrez-la pour garder la crème bien chaude. Montez aussitôt les blancs en neige ferme avec la pincée de sel, de préférence au batteur électrique pour aller vite : ils doivent former un bec qui se tient au bout du fouet.

  5. Versez la crème bouillante sur les blancs, peu à peu, en fouettant doucement ou en soulevant à la spatule, jusqu'à ce que le mélange soit homogène. Travaillez vite : c'est la chaleur de la crème qui raffermit les blancs.

  6. Versez la crème dans un plat large et froid, couvrez-la d'un film posé au contact et mettez-la au réfrigérateur dès qu'elle ne fume plus. Elle doit être froide avant de garnir un gâteau, et consommée dans la journée.

    Minuteur — 1 h
Crème pâtissière allégée aux blancs en neige, jaune pâle et lisse, dans un grand plat en faïence à liseré bleu creusé d'un sillon par une cuillère en bois, deux coupelles de crème devant
Pâle et légère, elle garde le sillon de la cuillère

Une crème pâtissière qu’on allège aux blancs

La crème pâtissière est une base de la pâtisserie française : du lait, des jaunes d’œufs, du sucre et un peu de farine, cuits ensemble jusqu’à épaissir. Elle garnit les choux, les éclairs, le mille-feuille et les tartes aux fruits. La fiche des papiers de Jane va un pas plus loin : la crème, tout juste sortie du feu, est versée bouillante sur des blancs montés en neige ferme. Elle devient plus pâle, plus légère, presque mousseuse.

Elle est écrite sur le même feuillet qu’une recette de gâteau baba signée Mme Verliac et datée du 19 novembre 1955 — la plus ancienne date des papiers de Jane. Elle se termine sur « Laisser refroidir avant de garnir le gâteau », sans dire de quel gâteau il s’agit.

Ce que dit la fiche

Les proportions tiennent en une ligne : « 4 œufs », « 6 cuillerées de sucre », « 3 de farine », « 5 verres » de lait, « 1 paquet de sucre vanillé ». La méthode est celle de toute crème pâtissière, décrite avec précision : les jaunes et le sucre battus dans la casserole, la farine mêlée, le tout délayé « avec le lait froid vanillé », puis porté à ébullition « en remuant continuellement ». Viennent ensuite les blancs.

Commencer à froid, directement dans la casserole, est une façon simple et sûre de faire la crème : pas de lait bouillant à verser sur les jaunes, donc pas de risque de les cuire en grains. Il faut seulement remuer sans relâche, parce que tout épaissit d’un coup.

Combien de lait dans « 5 verres » ?

Un verre n’a pas de mesure fixe, et la fiche ne le précise pas. Un verre à eau fait plutôt 15 à 20 cl ; mais avec un litre de lait pour quatre jaunes et 45 g de farine, la crème ne prendrait pas. J’ai donc compté 10 cl par verre, soit 50 cl. C’est la quantité qui correspond aux autres ingrédients : quatre jaunes et une quarantaine de grammes de farine pour un demi-litre, ce sont les proportions habituelles d’une crème pâtissière. Avec un litre, la crème serait trop fluide pour porter les blancs.

La crème pâtissière de base

Pour garnir des choux ou une tarte, on s’arrête avant les blancs. Les proportions classiques : 50 cl de lait entier, une gousse de vanille fendue, 4 jaunes, 100 g de sucre, 40 g de farine ou de fécule de maïs. On fait chauffer le lait avec la vanille, on blanchit les jaunes avec le sucre, on ajoute la farine, on verse le lait chaud dessus en fouettant, puis on remet le tout sur le feu.

Deux règles ne changent pas. La crème doit bouillir franchement une à deux minutes après avoir épaissi, sinon elle se liquéfie quelques heures plus tard. Et elle doit refroidir vite, étalée dans un plat, filmée au contact pour éviter la peau, puis au réfrigérateur, où elle se garde deux jours. On la détend au fouet avant de l’utiliser.

Une cousine de la crème Chiboust

Allégée de meringue, la crème pâtissière devient une crème Chiboust, associée au XIXe siècle au pâtissier Chiboust et au saint-honoré. Dans la version des pâtissiers, les blancs sont montés en meringue italienne, avec un sirop de sucre cuit à 118-120 °C, et la crème est collée à la gélatine pour se tenir des heures.

La fiche fait plus simple : des blancs seulement montés en neige, pas de sucre cuit, pas de gélatine. C’est la chaleur de la crème qui les raffermit. Cette crème se tient bien une fois froide, mais moins longtemps : on la prépare le jour où on la sert. C’est une version de maison d’une crème qui appartient aux grands classiques de la pâtisserie.

Les blancs d’œufs : prudence

La crème bouillante réchauffe les blancs sans les cuire à cœur. Trois précautions suffisent : des œufs extra-frais, un saladier parfaitement propre, et la crème gardée au réfrigérateur puis mangée dans la journée. Elle est à éviter pour les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes âgées ou fragiles. Pour eux, la crème de base convient, ou une version aux blancs montés en meringue italienne, que le sirop cuit porte à une température plus sûre.

Les questions qu'on me pose

Pourquoi ma crème pâtissière a-t-elle des grumeaux ?

Soit la farine a été ajoutée au lait chaud d'un seul coup, soit la crème n'a pas été remuée assez vite au moment où elle épaissit. Délayez toujours la farine avec les jaunes et le sucre, puis avec le lait, et fouettez sans arrêt pendant la cuisson. Une crème grumeleuse se rattrape en la passant au mixeur plongeant encore chaude.

Farine ou fécule pour une crème pâtissière ?

Les deux fonctionnent. La farine donne une crème plus ferme, qui se tient bien dans une tarte ; la fécule de maïs une crème plus lisse et plus brillante. Beaucoup de pâtissiers mélangent les deux, moitié-moitié. La fiche utilise la farine seule.

Pourquoi ma crème pâtissière est-elle devenue liquide ?

Parce qu'elle n'a pas assez bouilli. Retirée du feu dès qu'elle épaissit, elle tient au démoulage, puis rend de l'eau le soir même : une enzyme des jaunes défait peu à peu l'amidon. Une à deux minutes d'ébullition franche la neutralisent.

Combien de temps se garde une crème pâtissière ?

La crème de base se garde deux jours au réfrigérateur, filmée au contact, dans un récipient propre. La version aux blancs en neige, elle, se consomme dans la journée : les blancs ne sont pas entièrement cuits.

La crème aux blancs en neige est-elle sans risque ?

Pas tout à fait : les blancs sont chauffés, pas cuits. Œufs extra-frais, crème au froid, consommée le jour même, et pas pour les publics fragiles.

Quelle différence avec la crème Chiboust et la crème diplomate ?

La crème Chiboust est une crème pâtissière allégée de meringue italienne, souvent collée à la gélatine : c'est la garniture du saint-honoré. La crème diplomate est une crème pâtissière allégée de crème fouettée. La version de la fiche est une Chiboust simplifiée, avec des blancs simplement montés et sans gélatine.