Far breton aux pruneaux et aux raisins, cuit à four doux

Par Guillaume · publié le · Gâteaux de famille

Mains versant une pâte lisse et jaune pâle d'un saladier en faïence dans un plat en terre beurré garni de pruneaux et de raisins secs, farine, sucre, lait, carafe de rhum, beurre et œufs sur une table en bois
Far breton

Le pas à pas

Les étapes

  1. Préchauffez le four à 160 °C, chaleur traditionnelle. Beurrez largement un plat creux en terre ou en porcelaine d'environ 2,5 litres (30 × 22 cm, ou 28 cm de diamètre), fond et bords.

  2. Dans un grand saladier, mélangez la farine et le sucre, puis ajoutez 3 œufs. Travaillez à la cuillère en bois ou au fouet jusqu'à obtenir une pâte épaisse et lisse, sans grumeaux.

  3. Ajoutez les 3 œufs restants un par un, en fouettant bien après chacun : la pâte s'assouplit à chaque œuf.

  4. Versez le lait petit à petit, en fouettant, puis le rhum. La pâte devient liquide, comme une pâte à crêpes un peu épaisse.

  5. Répartissez les pruneaux et les raisins secs au fond du plat beurré, puis versez la pâte doucement par-dessus. Les fruits restent au fond et s'y enfoncent pendant la cuisson.

  6. Enfournez à mi-hauteur et laissez cuire 1 h 15 à 1 h 30, sans ouvrir le four pendant la première heure. Le far gonfle, puis se tasse : il est cuit quand le dessus est bien brun et que la lame d'un couteau plantée au centre ressort sans pâte liquide.

    Minuteur — 1 h 30
  7. Laissez refroidir au moins 1 heure dans le plat avant de couper. Le far se sert tiède ou froid, découpé en carrés dans le plat.

    Minuteur — 1 h
Far breton cuit dans son plat en terre, dessus bien bruni, découpé en carrés, une part sur une assiette montrant la texture dense et les pruneaux, bols de pruneaux et de raisins secs à côté
Bien bruni dessus, dense et fondant dessous

Un far breton, en tête de fiche « Recette Mère »

Le far breton est un gâteau de ferme : de la farine, du lait, des œufs, du sucre, et des pruneaux quand on en avait. Il se cuit dans un plat creux, se coupe en carrés et se mange tiède ou froid. Ma grand-mère a passé les dernières années de sa vie à Saint-Quay-Portrieux ; parmi ses papiers, c’est la seule qui porte un nom breton.

La fiche porte en tête la mention « Recette Mère ». Elle ne dit pas de qui il s’agit, et je ne le sais pas. Elle est brève : 250 g de farine, 250 g de sucre, six œufs, trois quarts de litre de lait, trois cuillers de rhum, 250 g de pruneaux et 125 g de raisins secs. Et une seule consigne de cuisson : « Cuire à feu doux 1 h 1/2 ». Sur la même page figure un vin de pêche aux feuilles de pêcher.

Que veut dire « feu doux » pour un far ?

La fiche dit « feu doux », pas « four doux », mais un far ne peut cuire qu’au four. Elle ne donne ni température ni thermostat : c’est moi qui ai traduit. Un four doux, c’est un four autour de 160 °C en chaleur traditionnelle. À cette température, une heure et demie est une durée juste pour un plat creux d’environ 2,5 litres (30 × 22 cm, ou 28 cm de diamètre) : la pâte prend lentement, sans bouillonner, le dessus brunit sans noircir, et le cœur reste fondant.

Beaucoup de recettes de far démarrent aujourd’hui à 200 °C pour 45 minutes. Le far y gagne un dessus plus soufflé, mais il retombe davantage et sa texture devient plus élastique. La cuisson longue et douce donne un far plus dense, plus proche d’un flan ferme. Commencez à vérifier à 1 h 15 : la lame d’un couteau doit ressortir sans pâte liquide.

L’ordre de la pâte : trois œufs, puis trois

La méthode de la fiche est brève mais précise : « Travaillez 250 g de farine avec 250 g de sucre et 3 œufs. Ajoutez ensuite 3 œufs un par un, puis 3/4 l de lait, 3 cuillers de rhum. » C’est la bonne manière de faire une pâte sans grumeaux : on travaille la farine tant que la pâte est épaisse, et on ne la détend qu’ensuite. Le lait versé en dernier, peu à peu, ne laisse aucune boule de farine sèche.

J’ai compris les « 3 cuillers de rhum » comme des cuillères à soupe. La dose parfume sans dominer.

Pruneaux et raisins au fond du plat

La fiche dit de verser la pâte « dans un plat creux bien beurré » avec les pruneaux et les raisins. J’ai choisi de répartir les fruits au fond d’abord, puis de verser la pâte dessus : ils restent en place au lieu de flotter et de brûler en surface. Le beurre du plat, lui, fait la croûte dorée des bords, souvent la part la plus disputée.

Les pruneaux avec ou sans noyau font débat en Bretagne. La fiche ne tranche pas. Dénoyautés, ils se coupent avec le far et personne ne se casse une dent ; avec leur noyau, ils gardent mieux leur forme.

Un far généreux en sucre

250 g de sucre pour 250 g de farine, c’est beaucoup au regard des recettes actuelles, qui en mettent souvent la moitié. Avec les pruneaux et les raisins, le far est franchement sucré, et il caramélise bien en surface. Si vous le préférez moins doux, 180 g suffisent sans changer la tenue. J’ai laissé la quantité de la fiche dans la liste.

Le far se garde trois jours au frais, couvert. Il a sa place parmi les autres gâteaux de famille, et va bien avec la pâte à crêpes dans un goûter breton.

Les questions qu'on me pose

Faut-il dénoyauter les pruneaux du far breton ?

Ce n'est pas obligatoire. Avec noyaux, ils se tiennent mieux ; prévenez simplement les convives.

Pourquoi mon far breton est-il caoutchouteux ?

Le plus souvent parce que la pâte a été trop battue une fois le lait ajouté, ou que le four était trop chaud. Travaillez la pâte avant le lait, puis mélangez juste ce qu'il faut, et cuisez doucement.

À quelle température cuire un far breton ?

Entre 160 et 180 °C. À 160 °C, comptez 1 h 15 à 1 h 30 : le cœur reste fondant et le dessus brunit sans brûler. À 200 °C, il cuit en 45 minutes mais gonfle davantage et se tasse plus.

Peut-on faire un far breton sans rhum ?

Oui. Le rhum parfume sans jouer sur la texture. On peut le supprimer, ou le remplacer par une gousse de vanille fendue infusée dans le lait tiède, refroidi avant usage.

Comment conserver un far breton ?

Couvert, au réfrigérateur, trois jours. Sortez-le une demi-heure avant de servir : froid, il est plus ferme ; à température ambiante, il retrouve son moelleux.

Quelle différence entre un far breton et un clafoutis ?

Le far contient bien plus de farine : sa pâte est dense et se tient comme un flan ferme. Le clafoutis est surtout une crème aux œufs légèrement farinée, plus tremblante, et se fait traditionnellement avec des cerises.