Carry de poisson, à la tomate et au curcuma

Par Guillaume · publié le · Poissons & fruits de mer

Main déposant des cubes de poisson blanc sans peau dans une sauce tomate au curcuma avec thym et piment, cocotte bleue sur le feu, mortier de pâte d'ail et gingembre, curcuma, gingembre, ail et persil plat
Carry de poisson

Le pas à pas

Les étapes

  1. Coupez le poisson en cubes de 4 cm et épongez-les avec du papier absorbant. Réservez-les au réfrigérateur jusqu'au moment de les ajouter.

  2. Écrasez l'ail, le gingembre et le sel au pilon, dans un mortier, jusqu'à obtenir une pâte grossière. À défaut de pilon, râpez finement l'ail et le gingembre et mélangez-les au sel.

  3. Dans une marmite à fond épais, faites chauffer l'huile à feu moyen-vif et faites-y roussir l'oignon, en remuant, jusqu'à ce qu'il soit bien doré.

    Minuteur — 8 min
  4. Ajoutez la pâte d'ail et de gingembre et le curcuma. Remuez une minute, sans laisser brûler : le curcuma devient amer s'il noircit.

    Minuteur — 1 min
  5. Ajoutez les tomates et laissez-les fondre à feu moyen, en remuant de temps en temps, jusqu'à ce qu'elles forment une sauce épaisse.

    Minuteur — 10 min
  6. Lancez le riz dès que les tomates sont fondues. Rincez-le jusqu'à ce que l'eau soit claire, versez-le dans une casserole avec l'eau et le sel, portez à ébullition, puis baissez le feu au minimum et couvrez. Laissez cuire sans remuer jusqu'à ce que l'eau soit entièrement évaporée et qu'il n'en reste plus au fond de la casserole.

    Minuteur — 18 min
  7. Déposez le poisson dans la sauce avec le thym et le piment. Enrobez-le délicatement, couvrez et laissez mijoter à feu doux. Secouez la marmite plutôt que de remuer à la cuillère, pour ne pas briser les morceaux. Si la sauce attache, ajoutez quelques cuillerées d'eau.

    Minuteur — 12 min
  8. Vérifiez que le poisson est cuit : opaque à cœur, il se sépare en lamelles sous la fourchette. Retirez le thym et le piment, goûtez et rectifiez le sel, puis parsemez de persil. Servez avec le riz.

Cocotte de carry de poisson, cubes de poisson dans une sauce orangée au curcuma avec thym et piment, assiette de riz blanc et de poisson nappé de sauce, cocotte de riz ouverte
Une sauce orangée, et le riz à côté

Un carry de poisson, à la tomate et au safran

À La Réunion, le carry de poisson est un plat de tous les jours. Sa base ne varie guère : un oignon qu’on fait roussir, de l’ail et du gingembre écrasés au pilon, du curcuma, des tomates fondues, puis la viande ou le poisson, qui mijote dans cette sauce avec du thym et un piment. Il se mange avec du riz blanc, souvent avec des grains, lentilles ou haricots, et un rougail à côté.

La fiche qui le donne, dans les papiers de Jane, est intitulée « Carry de poisson », et précise aussitôt : « ou poulet, de la même manière ». La fiche ne dit pas d’où vient la recette ; le mot carry et le safran la placent à La Réunion. Elle part de « 1 kg de poisson ferme » et de 500 g de tomates, puis tient en quelques lignes. Elle dit de « Roussir les oignons (1 gros), gingembre, ail, safran, sel », sans en donner les quantités. J’ai donc fixé les mesures d’ail, de gingembre et de curcuma, ainsi que les temps de cuisson, que la fiche ne donne pas.

Carry ou cari ?

Les deux. Carry est la graphie la plus courante sur l’île, et celle de la fiche ; cari est celle que retiennent les dictionnaires. Le mot vient de l’Inde du Sud, comme le curry, mais le plat réunionnais a pris sa propre forme : pas de mélange d’épices tout fait, seulement du curcuma, de l’ail, du gingembre, du thym et du piment.

Le « safran » de la fiche

La fiche demande du « safran ». Dans un carry, je l’ai lu comme du curcuma : à La Réunion, c’est le nom qu’on lui donne, safran péi. C’est une racine jaune qu’on cultive sur l’île. Ce n’est pas le safran des pistils de crocus, qui coûterait très cher en de telles quantités et n’aurait pas le même goût. Une cuillère à café de curcuma en poudre suffit pour un kilo de poisson : il colore la sauce en jaune d’or et lui donne une note terreuse, sans piquer.

Le piment, lui, se dose à part. Mis entier dans la sauce, il parfume sans brûler ; fendu, il chauffe davantage. On le retire avant de servir.

Quel poisson pour un carry ?

La fiche dit seulement « poisson ferme ». Il faut en effet une chair qui supporte un quart d’heure dans une sauce sans se défaire : le thon, l’espadon et le marlin, très utilisés à La Réunion, ou la lotte. On le coupe en gros cubes, sans peau ni arêtes, et on le remue le moins possible une fois dans la marmite. Le cabillaud ou le merlan sont trop fragiles.

Le riz, comme l’indique la fiche

La fiche décrit aussi le riz : « 1 verre de riz, 2 verres d’eau », puis « attendre que l’eau se soit évaporée », jusqu’à ce qu’il n’en reste plus dans la marmite. C’est la cuisson par absorption : le riz boit toute son eau à feu très doux, à couvert, et il n’y a rien à égoutter. La fiche compte un verre ; pour six, j’en mets deux, avec quatre verres d’eau.

Et en carry de poulet ?

La recette vaut aussi pour le poulet, comme le dit la fiche, qui n’en précise pas davantage. J’ajoute seulement une étape : faire d’abord dorer les morceaux dans l’huile, les retirer, préparer le fond de la même façon, puis les remettre. La cuisson est plus longue, 40 à 45 minutes à couvert, et le poulet doit être cuit jusqu’à l’os. Le court-bouillon antillais des mêmes papiers se sert lui aussi avec du riz, mais son poisson marine d’abord deux heures dans le citron. Pour rester du côté de la mer, la rubrique poissons et fruits de mer en rassemble d’autres.

Les questions qu'on me pose

Faut-il écrire carry ou cari ?

Les deux sont justes et désignent le même plat.

Quel est le « safran » du carry réunionnais ?

Le curcuma, qu'on appelle safran péi à La Réunion.

Peut-on faire un carry de poulet de la même manière ?

Oui, en comptant 40 à 45 minutes à couvert, jusqu'à ce que le jus sorte clair près de l'os.

Que servir avec un carry de poisson ?

Du riz blanc, bien sûr, et selon l'habitude réunionnaise des grains, lentilles ou haricots rouges, avec un rougail de tomate ou de mangue verte à part.

Peut-on congeler un carry de poisson ?

Oui, jusqu'à deux mois, bien refroidi puis mis en boîte fermée. Décongelez-le une nuit au réfrigérateur et réchauffez-le doucement à couvert, jusqu'à ce qu'il frémisse ; le poisson sera un peu moins ferme.

Le carry de poisson se garde-t-il ?

Un jour au réfrigérateur, mis au frais dans les deux heures qui suivent la cuisson. Réchauffez-le doucement à couvert, jusqu'à ce qu'il soit bien chaud à cœur. Le poisson se tient moins bien que le premier jour.