Vin de noix, aux noix vertes de juillet

Par Guillaume · publié le · Boissons apéritives

Mains gantées coupant des noix vertes en quartiers sur une planche, bonbonne en verre de vin rouge où macèrent quartiers de noix et rubans d'écorce d'orange, bouteilles sans étiquette, sucre, thé noir et orange sur une table en bois
Vin de noix

Le pas à pas

Les étapes

  1. Enfilez des gants : le brou des noix vertes tache les doigts en brun pour plusieurs jours. Rincez et essuyez les noix, puis coupez-en une en deux. La lame doit la traverser sans rencontrer de coque dure ; si elle bute, les noix sont trop avancées pour ce vin.

  2. Coupez les 12 noix en quartiers. Prélevez l'écorce d'orange au couteau économe, en laissant le blanc, qui est amer.

  3. Dans une bonbonne ou un grand bocal en verre d'au moins 8 L, parfaitement propre, versez environ 1 L de vin et le sucre. Remuez jusqu'à ce que le sucre soit presque dissous, puis ajoutez le reste du vin, l'eau-de-vie, les noix, l'écorce d'orange et la pincée de thé.

  4. Fermez le récipient et placez-le à l'abri de la lumière, dans un endroit frais. Laissez macérer 40 jours, en remuant ou en agitant doucement le récipient deux fois par semaine.

  5. Filtrez : passez d'abord le vin dans une passoire fine pour retenir les noix et l'écorce, puis une seconde fois dans un linge fin ou un filtre à café. Goûtez : l'amertume doit rester en arrière du fruit et du sucre.

  6. Mettez en bouteilles propres et sèches, bouchez, et rangez-les à l'abri de la lumière. Attendez au moins trois mois avant d'ouvrir la première ; le vin de noix s'arrondit encore pendant l'année qui suit.

Petit verre à pied de vin de noix brun acajou à côté d'une bouteille bouchée de liège, noix vertes entières et coupées sur un torchon de lin, coupelle d'écorces d'orange
Brun acajou, un peu amer, à servir très frais

Un vin d’été qu’on boit l’hiver

Le vin de noix se prépare au cœur de l’été et ne se boit qu’à la saison froide. C’est un apéritif de campagne, fait avec les noix encore vertes, un vin rouge ordinaire, de l’eau-de-vie et du sucre. Il en sort un vin brun, doux et amer à la fois, qu’on sert très frais dans de petits verres.

Une liste, deux dates

La recette revient trois fois dans les papiers de Jane. Une première fiche donne la liste : 5 litres de vin rouge, 1 litre d’eau-de-vie, 1 kilo de sucre, « 12 noix fraîches prises en juillet », une pincée de thé, 25 grammes d’écorce d’orange. Un feuillet d’agenda de 1974 reprend la même liste, précise « 12 noix fraîches (de juillet) », et porte une date : « fait le 24-7-74 ». Un autre feuillet porte, parmi d’autres notes, une seule ligne : « Vin de noix 1975, fait le 4-8-75 ».

Deux feuillets portent donc la mention « fait le », à un an d’écart : le 24-7-74 et le 4-8-75. La page de 1974 porte aussi une tarte aux pommes paysanne ; celle de 1975, les rillettes de lapin et une note de cuisson pour un cake. Ils ne disent pas si le jour noté est celui de la mise en macération ou celui de la mise en bouteilles, et je ne l’ai pas deviné. Douze noix pour cinq litres, c’est une main légère : le vin reste doux, l’amertume discrète.

Quand cueillir les noix vertes ?

Aucune des trois fiches ne donne de méthode : ni durée de macération, ni filtrage. J’ai complété à partir de la façon classique de faire. Le point décisif est la cueillette. La tradition la place autour de la Saint-Jean, fin juin ; la fiche dit juillet, et parle de « noix fraîches » : ce sont les noix vertes, encore dans leur brou. Les deux se rejoignent selon le climat : il faut que la noix se coupe encore d’un bout à l’autre, sans coque. Au-delà, elle donne un vin âpre.

Ce que j’ai ajouté

Pour le reste, j’ai suivi la pratique la plus répandue : les noix coupées en quartiers, tout mis ensemble dans une bonbonne, quarante jours à l’abri de la lumière en remuant de temps en temps, puis un double filtrage et un repos d’au moins trois mois en bouteille. Le sucre est dissous d’abord dans un peu de vin pour ne pas rester au fond. Pour le thé, j’ai pris du thé noir, qui apporte un peu de tanin ; l’écorce d’orange arrondit l’amertume du brou.

Le résultat titre environ 15°. C’est un vin fort pour son apparence, qui se boit à petites doses. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé : à consommer avec modération.

Servir et garder

Servez-le frais, à l’apéritif, en petits verres. Il se garde plusieurs années en bouteille bouchée, couchée ou debout, loin de la lumière. D’autres apéritifs maison ont leur place dans les boissons apéritives.

Les questions qu'on me pose

Quand cueillir les noix pour faire du vin de noix ?

Entre la fin juin et la mi-juillet selon les régions et les années. Ce qui compte n'est pas la date mais l'état de la noix : elle doit se couper en deux au couteau sans résistance. Dès qu'une coque dure s'est formée, il est trop tard.

Combien de temps faire macérer le vin de noix ?

Quarante jours est la durée habituelle, à l'abri de la lumière. Plus court, le vin reste plat ; beaucoup plus long, l'amertume du brou prend le dessus. Il faut ensuite le laisser reposer en bouteille au moins trois mois.

Quel vin rouge et quelle eau-de-vie choisir ?

Un vin rouge simple, sans boisé marqué, autour de 12°. Pour l'eau-de-vie, un alcool blanc neutre de 40 à 45°, celui qu'on vend pour les fruits à l'eau-de-vie. Inutile de prendre un grand vin : les noix et le sucre couvrent ses nuances.

Combien de degrés fait un vin de noix maison ?

Avec ces proportions, environ 15°, comme un vin doux naturel. Il se sert en petite quantité, en apéritif.

Combien de temps se garde le vin de noix ?

Plusieurs années, bouché et à l'abri de la lumière. Il est meilleur entre six mois et deux ans. Une fois ouverte, la bouteille se garde quelques semaines au frais.

Pourquoi porter des gants pour couper les noix vertes ?

Le brou contient un pigment qui colore la peau en brun foncé. La tache ne part pas au lavage et met plusieurs jours à s'effacer.